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Population
- Population
totale (estimée au 30-4-1999) : 9 234 000 habitants
- Population
active (1995) : 3 714 000 habitants
- Population
active rurale (1995) : 74,2 % de la population active
- Taux
annuel moyen de croissance démographique (1990-99)
: 2,61 %
- Espérance
de vie moyenne (1989-94) : 50 ans
Source : FAO / Banque Mondiale
Climat
Les
grands traits climatiques sont le résultat conjoint
de facteurs géographiques et aérologiques.
Les premiers s'expriment par la latitude qui confère
au territoire des caractères tropicaux, et par
la position de Finistère ouest-africain qui détermine
des conditions climatiques différentes dans la
région littorale et dans l'intérieur.
Les seconds s'expriment par I'alternance sur le pays
de trois flux dont les déplacements sont facilités
par la platitude du relief.
Le
premier flux est représenté par l'alizé
maritime issu de l'anticyclone des Açores, de
direction nord à nord-est. L'alizé maritime
est constamment humide, frais voire froid en hiver,
et marqué par une faible amplitude thermique
diurne. Son domaine est une frange côtière
qui s'amenuise au sud avec la remontée de la
mousson, mais qui se maintient pendant presque toute
l'année au nord du Cap-Vert.
L'harmattan,
de direction Est dominante, branche finissante de l'alizé
continental sahélien, est caractérisé
par une grande sécheresse liée à
son long parcours continental, et par des amplitudes
thermiques très accusées ; frais ou froid
la nuit, il est chaud à torride le jour. Il transporte
souvent en suspension de fines particules de sable et
des poussières qui constituent la “brume
sèche".
Le
troisième flux, la mousson, provient de l'alizé
issu de l'anticyclone de Sainte-Hélène
dans l'Atlantique Sud. Elle bénéficie
d'un très long trajet maritime qui la rend particulièrement
humide. Elle pénètre dans le pays en période
estivale selon une direction sud-est - nord-ouest et
elle s'assèche relativement en fonction de sa
pénétration vers l'intérieur. Elle
est marquée par une faible amplitude thermique,
mais avec des températures généralement
plus élevées que celles de l'alizé
maritime.
Précipitations
L'année
climatique est divisée en deux saisons principales
par le critère pluviométrique. La saison
dite sèche n'est vraiment sèche que dans
l'intérieur ; tandis que sur le littoral, qui
bénéficie d'une humidité relative
élevée, la saison est précisément
non pluvieuse.
Au
cours de la saison sèche, des pluies de heug
peuvent se produire, associées à des invasions
épisodiques d'air issu des régions tempérées.
Ces pluies sont généralement faibles,
voire insignifiantes, mais il peut advenir qu'elles
atteignent exceptionnellement des valeurs élevées.
La
saison des pluies ou hivernage débute au sud-est
du Sénégal en avril avec l'arrivée
de la mousson qui envahit progressivement le pays. Les
pluies augmentent d'abord lentement jusqu'au mois d'août
où elles culminent ; en septembre, la diminution
est marquée, mais elle est ensuite très
brutale en octobre. Deux phénomènes provoquent
des précipitations sur le pays; il s'agit d'une
part des lignes de grains et d'autre part de la partie
active de l'équateur météorologique,
marquée par l'ascendance de l'air humide qui
se refroidit en altitude et se condense en pluies.
Les
lignes de grains, improprement dénommées
tornades, balaient le territoire d'est en ouest (ce
qui fait dire que la pluie vient de l'est) s'affaiblissent
progressivement en atteignant le littoral ; à
Dakar, par exemple ne parvient que la moitié
des perturbations, qui sont passées par Tambacounda.
Les pluies déversées par les lignes de
grains sont essentiellement orageuses accompagnées
de rafales de vent, de tonnerre et d'éclairs.
Elles marquent le début et la fin de la saison
des pluies dans lesud du pays, mais elles constituent
pour la quasi-totalité du territoire la source
essentielle des précipitations.
D'une
manière générale, les précipitations
décroissent du sud vers le nord : Ziguinchor
enregistre 1 250 de pluie par an, Kaolack 610 mm, tandis
que Linguère ne reçoit en moyenne que
414 mm, Podor 220 mm. Le nombre de mois pluvieux varie
selon la latitude, mais également selon le seuil
adopté. Si I'on prend pour base les précipitations
mensuelles supérieures à 10 mm (ce qui
est très faible), le nord-ouest du pays a quatre
mois pluvieux , le sud six. Avec une base de 50 mm par
mois, le nombre de mois pluvieux passe à deux
et à cinq. Mais, sur la base de 100 mm, le nord
ne bénéficie même plus d'un mois
pluvieux, tandis que le sud dispose encore de cinq mois
pendant lesquels les précipitations sont supérieures
à 100 mm et souvent très supérieures
puisque Ziguinchor, par exemple, enregistre 424 mm au
mois d'août. Cette différenciation en latitude
confirme le caractère aléatoire de la
pluviométrie dans la moitié septentrionale
du pays.
Enfin, le climat du Sénégal, comme celui
de tous les pays sahélo-soudaniens, se caractérise
par une grande variabilité des précipitations
d'une année à l'autre, variabilité
d'autant plus redoutable que la moyenne annuelle est
plus faible ; plus leur total annuel s'amenuise, plus
les pluies sont incertaines et irrégulières
et de plus leur déficit est grave. Ainsi, à
Ziguinchor la moyenne de 1 250 mm résulte de
précipitations variant d'environ 900 mm à
un peu plus de 1 400 mm d'une année à
l'autre ; à Linguère la moyenne 414 mm
recouvre des précipitations allant de plus de
850 mm en année exceptionnellement pluvieuse
à moins de 200 mm en année sèche.
C'est dire que I'insécurité climatique
qui pèse sur la moitié septentrionale
du pays n'est pas seulement le fait de la faiblesse
des précipitations et de la brièveté
de la saison pluvieuse; elle est surtout le résultat
de l'irrégularité inter annuelle des pluies.
La sécheresse qui a périodiquement frappé
le pays depuis 1968 a souligné la gravité
de cette situation par ses conséquences dramatiques
sur l'équilibre écologique et toutes les
activités humaines des régions situées
au nord du Saloum. L'abondance des pluies exceptionnelles
de 1999 par rapport à celles des dernières
décennies redonne de l'espoir au monde rural,
qui aspire à un retour durable d'une bonne pluviométrie.
D'après Marcel
Roux et Pascal Sagna, Atlas du Sénégal,
édition Jeune Afrique, 2000.
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