Un dirigeant de premier plan du Hamas a péri jeudi dans un raid israélien, au sixième jour de l'opération israélienne dans la bande de Gaza, qui a fait plus de 400 morts, tandis que le Premier ministre israélien Ehud Olmert assurait ne pas vouloir d'une "guerre longue".
Nizar Rayan, plus important responsable décédé dans l'offensive, a été tué avec ses quatre épouses, trois de ses enfants et quatre autres personnes dans un raid sur l'immeuble de cinq étages où il vivait avec sa famille, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.
Un dirigeant de premier plan du Hamas a péri jeudi dans un raid israélien, au sixième jour de Ténor de l'aile la plus radicale du mouvement islamiste, connu pour ses talents d'orateur, il s'illustrait par ses déclarations au vitriol contre Israël mais aussi contre l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, délogée de Gaza par le Hamas en juin 2007.
Un porte-parole militaire israélien s'est contenté d'indiquer que la maison de Rayan avait été visée par un appareil de l'armée de l'air.
Le Hamas a par la suite démenti un communiqué publié peu avant la mort de Nizar Rayan selon lequel il acceptait "sous conditions" les propositions formulées par l'Union européenne (UE) en vue d'une trêve avec Israël.
"C'est un faux communiqué dénué de toute vérité. Il a été propagé par des parties hostiles afin de semer le doute sur les positions du Hamas", a déclaré à l'AFP le porte-parole du mouvement, Fawzi Barhoum. "Je n'ai fait aucune déclaration à ce sujet", a-t-il ajouté.
Selon les services d'urgences du territoire, 414 Palestiniens ont été tués et près de 2.000 blessés depuis le déclenchement de l'opération israélienne "Plomb durci" le 27 décembre, destinée à amener le Hamas à mettre fin aux tirs de roquettes sur Israël.
Un quart des victimes sont des civils, dont des femmes et des enfants, selon l'ONU.
Le Hamas a par ailleurs appelé les Palestiniens de Cisjordanie et Jérusalem-est à une "journée de colère" vendredi, par des manifestations partant de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem et de "toutes les mosquées en Cisjordanie".
Les attaques se sont poursuivies jeudi à Gaza après le rejet la veille par Israël de propositions de trêve formulées notamment par l'UE, ce qui laisse présager d'une imminente offensive terrestre.
Parmi les cibles touchées figurent des ministères à Gaza, un bâtiment du Parlement palestinien, des tunnels de contrebande et des ateliers "de fabrication de roquettes".
Selon des témoins, les attaques ont aussi visé des bureaux de change à Gaza-ville dans la nuit et une mosquée dans le sud jeudi matin.
"Nous ne voulons pas d'une guerre longue et nous ne souhaitons pas élargir le front", a pourtant déclaré Ehud Olmert lors d'une tournée à Beersheva, une ville du sud visée ces derniers jours par plusieurs roquettes tirées de la bande de Gaza distante de 40 km.
Au Vatican, le pape Benoît XVI a lancé à l'occasion du 1er janvier, célébré dans l'Eglise catholique comme la "journée mondiale de la paix", un appel pour que la "violence" et la "haine" ne "prennent pas le dessus" dans le monde en 2009, citant notamment le Proche-Orient où "la grande majorité" des populations israélienne et palestinienne veut "vivre en paix".
L'opération à Gaza jouit du soutien de l'opinion publique en Israël --71% d'Israéliens sont en faveur de sa poursuite-- selon un sondage publié par le quotidien Haaretz.
Des tirs de roquettes de Gaza, touchant Israël plus en profondeur, ont fait depuis le 27 décembre quatre morts, dont un soldat, et plusieurs dizaines de blessés.
Plus de 40 de ces engins se sont abattus jeudi dans le sud d'Israël, notamment à Beersheva, et à Ashdod, où un immeuble a été frappé, selon l'armée.
Le Hamas a en outre affirmé avoir tiré trois roquettes sur une base de l'armée de l'air israélienne dans la région de Beersheva. L'armée s'est refusée à tout commentaire.
Sur le plan diplomatique, la Libye a déposé au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat et son plein respect par Israël et le Hamas. Mais ce texte devra être amendé pour pouvoir être accepté par les pays occidentaux.
Le président français Nicolas Sarkozy doit entamer lundi une tournée au Proche-Orient pour "chercher les chemins de la paix". Il se rendra en Egypte, en Cisjordanie et en Israël, puis mardi en Syrie et au Liban, a annoncé l'Elysée.
Il recevait jeudi à l'Elysée la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni.
AFP. |