Blaise Compaoré, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a déploré mardi à Praia que l'Afrique occidentale soit "devenue une plaque tournante du trafic de drogue", à l'ouverture d'une conférence ministérielle sur ce thème.
"Notre région est devenue une plaque tournante du trafic de drogue", a constaté le président burkinabè en ouvrant une réunion de deux jours consacrée aux "menaces du trafic de drogues sur la sécurité" dans la région, organisée dans la capitale du Cap Vert par la Cédéao et l'Office des Nations unies contre la drogue et la crime (ONUDC).
M. Compaoré a appelé à "une coopération renforcée entre l'Afrique de l'Ouest, l'Europe et l'Amérique latine" dans la lutte contre le narcotrafic.
"Au moment où le monde fait face à la crise financière et alimentaire, il y a des fléaux moins médiatisés, mais tout aussi ravageurs, comme le trafic de drogue", a-t-il dit.
"Le trafic de drogue, le blanchiment d'argent, le trafic d'êtres humains sont des menaces directes au progrès économique, à la paix et la sécurité de notre sous-région et cela commande d'agir en synergie", a insisté le président de la Cédéao.
Les ministres de l'Intérieur ou de la Justice des 15 pays membres de la Cédéao doivent adopter mercredi à Praia "un plan d'action" contre cette expansion du narcotrafic.
Le directeur général de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, a souligné mardi matin dans un communiqué que "la menace s'étend": les quantités de cocaïne sud-américaine saisie en Afrique de l'Ouest doublent chaque année, passant de 1.323 kg en 2005 à 6.456 en 2007... A l'été 2008, "600 kilos de cocaïne" ont été trouvés "dans un avion (portant un faux emblème de Croix-Rouge) à l'aéroport de Freetown", a rappelé l'ONUDC.
"Mais la plupart des saisies ont lieu par hasard (...) Les policiers locaux sont trop mal équipés pour faire face à la menace et les procureurs et juges ne font pas preuve d'une grande volonté pour poursuivre des criminels puissants ayant des amis puissants", souligne l'ONUDC.
AFP. |