Le Fonds monétaire international a affirmé vendredi que l'Afrique subsaharienne, même si sa croissance allait rester solide en 2009, n'échapperait pas aux conséquences de la crise financière.
Dans ses "perspectives économiques régionales", le FMI prévoit une croissance pour la région de 6,2% l'année prochaine, après 5,9% en 2008. Hors pétrole, elle devrait être de 6,2% en 2009 après 6,9%.
"Nous sommes inquiets de l'impact global de la crise financière pour les pays africains, étant donné leur dépendance aux exportations de matières premières", a rappelé la directrice du département Afrique au FMI, Antoinette Sayeh, lors d'une conférence de presse vendredi à Washington.
"Avec la baisse du prix des matières premières, les projets (en Afrique subsaharienne, ndlr) sembleront moins attractifs qu'ils ne l'auraient été autrement", a-t-elle poursuivi.
"Nous sommes inquiets aussi au sujet de l'aide internationale. Nous avons lu récemment que les pays développés pourraient reconsidérer leurs dépenses consacrées à l'aide", a insisté Mme Sayeh.
"Cela serait, à notre avis, la mauvaise chose à faire, étant donné les immenses défis auxquels est confrontée l'Afrique. Tout cela vient à un moment où l'Afrique s'est réformée significativement ces dernières années et par conséquent a connu une forte croissance", a estimé l'ancienne ministre libérienne des Finances.
Le rapport régional du FMI sur l'Afrique subsaharienne publié vendredi souligne que "l'aggravation récente des turbulences accroît les risques d'une diminution des flux de ressources en direction de l'Afrique sous forme de capitaux privés, d'envois de fonds des travailleurs émigrés et même d'aide publique au développement".
AFP. |